Modesto, ici aux prises avec Dernis : « Il n'y a pas de problème dans le groupe ». : Photo AFP Saisissant contraste après St-Etienne-Monaco (2-0).
D'un côté, une équipe verte s'apprêtant à savourer la trêve internationale nantie d'un juteux butin (7 points en 3 matches et une qualification en UEFA).
De l'autre, une formation monégasque qui devra ronger son frein et préparer le derby du 18 octobre à 19 h contre Nice au Louis-II avec un lourd fardeau sur les épaules.
Trois défaites d'affilée (en comptant la coupe de la Ligue) et pas un seul but marqué depuis quatre matches, ça fait mal.
Une attaque muette
Titulaire à Saint-Etienne, pour la 6e fois cette saison (deux fois remplaçant), Juan Pablo Pino n'a toujours pas marqué sous le maillot monégasque et ne démontre pas grand-chose en match. Ricardo (qui a remplacé le Colombien par Nimani à la pause) soutient inlassablement son joueur et milite pour que l'on évite de faire une fixation sur le cas Juan Pablo Pino. La patience du technicien brésilien pourrait cependant toucher ses limites. « Pour Pino, c'est un problème psychologique, dit Ricardo. Il a mis trente minutes avant de rentrer dans le match. Le souci, c'est que l'on ne peut pas attendre ».
Buteur pour son premier match conte Lorient, Chu Young Park, lui, ne confirme pas ses promesses, trop tendre dans la zone de vérité. Dans le chaudron, il a gâché une immense occasion d'égaliser... « Cela peut arriver à tout le monde, plaide le capitaine Modesto. Quand on encaisse des buts derrière, on fait aussi des erreurs. Il faut être patient avec Park. Il faut encourager les joueurs plutôt que les enfoncer ».
Nimani plutôt effacé à son tour, les options qui s'offrent à Ricardo paraissent en tout cas limitées. Bakar est un absent de longue durée (opéré de l'épaule). Le jeune Sagbo est de retour et pourrait être d'aplomb pour le derby. Mais le manque de métier de la palette offensive monégasque a de quoi laisser dubitatif. Monaco pourra-t-il tenir une saison entière avec cet effectif au plan offensif ? Cela paraît juste.
Un mental touché
Les mines monégasques en disaient plus long dimanche soir que les propos rassurants. Une fois n'est pas coutume, Stéphane Ruffier a refusé de s'exprimer. Après un début de saison prometteur, le doute semble de retour dans les têtes. « Je ne peux pas vous répondre à ce sujet, dit François Modesto. J'espère que ce n'est pas le cas. Nous, les joueurs, on se doit de rester sereins. Dans l'envie, dans les efforts, on a été plus présents à Saint-Etienne que dans le non match de Lille ».
Vrai : la deuxième période à Geoffroy-Guichard a démontré que le jeu monégasque n'est pas parti en fumée. Avec la touche d'Alejandro Alonso qui semble monter en puissance et un collectif capable de combiner au milieu et de jouer plus haut, l'ASM a mis en difficulté Saint-Etienne. Mais comme dit Camel Meriem : « Quand on n'arrive pas à marquer, il est difficile d'aller chercher un résultat. C'est dommage parce que l'on avait à coeur de réagir après le non match de Lille ».
« Dans le groupe, il n'y a pas de problème. Mercredi dernier, on est tous allé dîner ensemble, c'était très sympa, ajoute le capitaine Modesto. J'espère que ce qui s'est passé l'année dernière va nous servir de leçon et que l'on va réagir de suite sur le terrain. On verra dans les prochains matches si l'on est prêt à aller au combat, et en particulier dès le derby contre Nice ».
Un derby capital
14e, l'ASM ne peut en effet plus reculer, sous peine de mettre directement en danger son avenir en Ligue 1.
« Il faut réagir d'urgence car au classement ça va très vite dans les deux sens », prévient Camel Meriem.
« On va avoir deux semaines pour préparer le derby que Monaco devra absolument gagner, quelle que soit la manière. Un derby, c'est toujours chaud. En général, on répond présent chez nous contre Nice. De toute façon, là, on n'aura plus le choix ».