Newsletter Actualité

Abonnez-vous gratuitement
Monaco-Matin

Actualité Monaco

mardi 07 octobre 2008

monaco : Jean-Louis Étienne évincé de son poste de directeur général

La nouvelle a surpris tout le monde et, semble-t-il, l'intéressé lui-même. Engagé un an plus tôt pour relancer à Monaco le musée océanographique et à Paris l'institut éponyme, l'explorateur Jean-Louis Étienne n'est pas reconduit dans ses fonctions de directeur général. Effectif jusqu'au 15 octobre, son contrat n'est pas renouvelé au-delà. Âgé de 61 ans, le célèbre médecin se voit reprocher une « mauvaise gestion » des deux structures gérées par la Fondation Alber-1er(1). Selon nos informations, il paierait également sa liberté de parole et les critiques - mesurées - formulées sur le projet d'extension du port de Monaco à l'occasion d'une récente émission de télévision.

Le « second Cousteau »....

Octobre 2007, sa nomination est unanimement saluée. La Principauté se félicite d'accueillir un second Cousteau, en référence au premier du nom qui, sur le Rocher, dirigea le musée de 1957 à 1988. La notoriété et le charisme de Jean-Louis Étienne ne seront pas de trop pour moderniser ce temple de la mer, dont la fréquentation a chuté d'un million de visiteurs dans les années 1990 à 600 000 l'an dernier. L'explorateur est aussi chargé de dynamiser à Paris un Institut océanographique vieillissant. Il y développe ainsi la location de trois salles et d'un vaste amphithéâtre dans le but de faire rentrer de l'argent et de réduire la dépendance de l'institut, financé en grande partie par les recettes du musée de Monaco.

... serait un piètre gestionnaire

À l'occasion d'un conseil d'administration, le 30 septembre dernier dans la capitale, l'explorateur est cependant remercié. À l'unanimité des dix membres, dont les deux représentants de l'État monégasque.

« Sa période d'essai ne débouche pas sur un contrat définitif. La décision ne fut pas prise de gaieté de coeur » explique Michel Petit, le président du conseil d'administration. « Plus qu'une mauvaise gestion, c'est une absence de gestion qui est à mettre à son débit. Jean-Louis lui-même admet ne pas s'être senti intéressé par les tâches d'ordre administratif. En un an, il ne s'est pas vraiment investi dans cette fonction ». En sollicitant, vainement, l'embauche de son épouse au service communication de l'Institut, l'explorateur a également perdu des points.

La Principauté veut néanmoins le garder

Et ses dernières prises de position sur les projets monégasques ? « Ce fut la goutte d'eau qui fit déborder le vase » affirme un intervenant souhaitant garder l'anonymat. « Faux » réplique en Principauté le ministre d'État, Jean-Paul Proust. « Il n'y a pas l'ombre d'un problème à ce sujet. Nous tenons d'ailleurs à ce qu'il continue à apporter sa contribution au musée. Qu'il poursuive sa mission en tant que scientifique et non plus en tant que manager ».

Un nouveau contrat en ce sens lui est proposé. L'acceptera-t-il ? « C'est encore trop tôt pour répondre, indique l'explorateur. Je ne sais même pas pourquoi j'ai été écarté. Je ne comprends pas ce qui se passe. On voudrait aujourd'hui me cantonner à la recherche et à l'exploration. J'ai besoin de réfléchir... »

1. Cette fondation de droit privé a été créée en 1906 par Albert-1er de Monaco pour développer l'océanographie.

Monaco-Matin

Les autres titres

maville.com Tous les flux RSS d'actualités